Tian Li Yang : L'héritier de Wudang.


Article paru dans la revue TaiChiMag n° 13 de Août 2017.

Tian Li Yang : L'héritier de Wudang

Tian Li Yang : L'héritier de Wudang

Tian Li Yang : L'héritier de Wudang

Tian Li Yang : L'héritier de Wudang

Tian Li Yang : L'héritier de Wudang

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Les Monts Wudang ou Wudangshan, 武 当 山
Montagnes du « Guerrier Véritable »


Les monts « Wudang », qui s’élèvent au nord-ouest de la province du Hubei, est un des quatre principaux centres du culte taoïste en Chine, ainsi que le foyer légendaire du courant des arts martiaux internes. Cette chaîne de montagnes compte 72 pics dont le point culminant s’élève à 1612m. Elle est parsemée de temples d’architecture Ming et Qing  et de monastères où les adeptes taoïstes, homme et femmes, mènent une vie active.

Le massif acquit sa célébrité surtout à partir de la dynastie des Song, lorsqu’un culte à la divinité taoïste Zhenwu (le « Guerrier véritable ») ou encore Xuandi (« l’Empereur sombre ») s’y développa. Bien plus tôt déjà, Zhenwu a été associé à l’étoile polaire, localisation cosmographique du Taiji (le Faîte Suprême). L’école taoïste du Wudang a développé toute une série de rituels destinés à combattre les démons et les influences maléfiques lors de cérémonies de combat à mains nues ou avec des armes.
Ces rituels d’exorcisme sont très souvent liés au Taiji et encore influencé par d’anciennes pratiques chamanistes.

Par ailleurs, le mont Wudang est associé à la personnalité du taoïste Zhang Sanfeng qui aurait vécu sous les Song du Sud. C’est cet éminent personnage que l’on présente généralement comme étant le créateur du Taijiquan. Si l’on interroge les maîtres sur l’origine du Taijiquan, ils racontent pour la plupart l’histoire suivante :
"Un jour que l’ermite Zhang Sanfeng était à la fenêtre de sa hutte sur le mont Wudang, son attention fut attirée par le cri étrange d’un oiseau. Se penchant, il vit une pie effrayée descendre d’un arbre au pied duquel se trouvait un serpent. Un duel s’en suivit, et la pie fut vaincue par le serpent, ce dernier combattant en souplesse et avec des déplacements curvilignes. Zhang Sanfeng comprit alors la suprématie de la souplesse sur la rigidité, l’importance de l’alternance du Yin-Yang et d’autres conceptions qui ont formé la base du Taijiquan. C’est à la suite de cet incident qu’il élabora le Taijiquan, application des principes du TaiJi."

Plusieurs éléments peuvent expliquer le choix de Zhang Sanfeng comme fondateur du Taijiquan. D’abord l’habitude chinoise d’attribuer une invention à un personnage dont la biographie est écrite sur le modèle des sages taoïstes ou des sages de l’antiquité.
En effet, on trouve sa biographie dans « L’histoire officielle des Ming » :
« Il était grand, d’imposante apparence, il portait les signes classiques de longévité, c'est-à-dire ceux de la tortue et de la grue. Il avait de grandes oreilles et des yeux ronds.
Sa barbe se hérissait furieusement comme la lame d’une hallebarde.
Eté comme hiver, il portait un simple vêtement ». D’après cette même biographie, il aurait vécu du 12ème au 15ème siècle, soit plus de 200 ans ; il était très versé dans l’alchimie intérieure et plusieurs ouvrages apocryphes sur cette discipline lui sont attribués. Le deuxième facteur qui aurait amené les taoïstes à choisir Zhang Sanfeng comme fondateur du Taijiquan est son lien intime avec Zhenwu, le « Guerrier véritable », protecteur du Wudang.

« Wu Dang,武当 » signifie « faire office de guerrier ». Dès le 12ème siècle, le mont Wudang est devenu un centre de développement des rituels de combat, mais en Chine la notion de combat ne se réduit pas à l’idée de lutte contre un adversaire réel, mais englobe aussi bien les combats contre les démons, contre les tendances profondes ou contre tout obstacle rencontré dans notre existence. De plus, lorsqu’un adversaire réel est présent, il devient l’élément permettant la construction de son propre territoire, l’établissement de ses propres limites.

Symbole de la pérennité de la culture chinoise face aux bouleversements provoqués par l’irruption de l’Occident sur la scène chinoise et la déliquescence de l’Empire, Zhang Sanfeng devint une figure de proue pour une génération de lettrés dont sont issus les maîtres d’oeuvre du « courant interne » au 19ème siècle. Les monts Wudang deviennent alors le lieu de pèlerinage privilégié de tous les pratiquants d’arts martiaux internes.

Ecole des Wudang dirigée par Maître Tian Liyang
TianLiYang : Maître taoïste des Wudangshan
Arts martiaux internes, neiwushu
Monts WuDang ou « Wudangshan »
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Tian Liyang, Maître taoïste des Wudangshan


Tian-di a l’honneur et le plaisir de recevoir Tian Liyang, Maître taoïste des Wudangshan.


Mais qui est Maître Tian ?


Tian Liyang est né en 1969 dans une famille paysanne du Hubei (Centre Chine).
Il quitte sa famille à 14 ans dans le but d’étudier les arts martiaux.
Apprentissage du Wushu à Emeishan et à Shaolin (montagnes sacrées bouddhistes) avec plusieurs Maîtres sans vraiment rencontrer celui qu’il espérait.
En 1988, il assiste aux Wudangshan (montagnes sacrées taoïstes) à une cérémonie taoïste traditionnelle.
Il y rencontre You Xuande, Maître taoïste du monastère Tian He Gong des Wudangshan.
You Xuande le choisit comme disciple.

A 18 ans, il devient disciple de You Xuande qui appartient à l’école taoïste Zhen Yi, plus ancienne que l’école Taoïste Zheng Zhen.
L’ancienne école Zhen Yi ou « Ecole de la Véritable Unité », est peu influencée par le Bouddhisme et est encore empreinte de pratiques chamaniques.

Dans cette école, maîtres et disciples peuvent avoir une vie de famille et vivre en-dehors du temple, même s’ils assistent quotidiennement aux récitations (matin et soir) et aux cérémonies.

Après plusieurs années de formation auprès de son Maître, il est désigné par l’Association Taoïste de Chine pour diriger une école de Nei Wushu (Arts Martiaux Internes) nouvellement construite à Wudangshan.
Des enfants et jeunes gens y sont formés aux arts martiaux internes, Taijiquan, Qigong, Xingyi, Bagua et bien d’autres pratiques.
Ils sont également formés aux études taoïstes (textes, philosophie), à la médecine traditionnelle chinoise et autres domaines s’y rapportant.


En tant que directeur et administrateur de cette école d’arts martiaux internes, Tian Liyang devient lui-même Maître Taoïste (désigné comme tel par son propre maître).
Depuis peu, il n’enseigne plus qu’à des petits groupes d’étudiants désireux d’approfondir leurs connaissances et d’y consacrer le temps nécessaire.

La qualité de son enseignement est actuellement reconnue bien au-delà des Wudangshan.


En 1995, il a été enseigné à Singapour.
Depuis lors, il est régulièrement invité en Europe (Allemagne, Autriche, Hollande, Belgique), et en 2001 l’Association Taoïste de Malaisie l’a également invité pour enseigner des arts martiaux internes.
Il reçoit aussi des étudiants venant de l’étranger, du Japon, de Corée, des U.S.A, du Canada, d’Israël, d’Allemagne, d’Autriche, de France, de Suisse et …de Belgique !


Ce qu’il pratique et enseigne :
Taijiquan, Taijijian, Qinna, Baguazhang, Xingyi, Tuishou, Yangsheng Qigong

Lire aussi l'article paru dans le TaiChiMag n° 13 de Août 2017


Un documentaire de 52 min. réalisé par Ulla Fels, « Le maître des Wudang » (production : SWR/ARTE, 2005), relate la vie et le travail de Tian Liyang, sa pratique des arts internes, sa vision du taoïsme.
Il donne également un bel aperçu des monts Wudang.
Ce film est disponible en DVD.
Pour vous le procurer, veuillez contacter : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ecole de Tian Liyang des Wudangshan
TianLiYang : Maître taoïste des Wudangshan
Arts martiaux internes, neiwushu
Monts Wudang ou « Wudangshan »
 Tian Li Yang : L'héritier des Wudang (TaiChiMag n°13)
 
 
 
 
 
 
 
 

Arts martiaux internes, « Neiwushu, 内武术 »


Les arts martiaux internes font partie d’un corpus taoïste rassemblant des procédés visant à obtenir « changshou 长寿», la « longue vie ». Plutôt que de viser l’immortalité, il s’agit de méthodes permettant au pratiquant de prolonger sa vie tout en conservant une santé optimale. Les arts martiaux internes font partie d’un modèle comportemental typique de la Chine taoïste et, à ce titre, il n’est pas étonnant qu’au fil des siècles ils aient été incorporés à la médecine traditionnelle chinoise.


Que ces arts de santé soient qualifiés de « martiaux » fait allusion au lien étroit qui unissait les populations chinoises à leur repère rural : le temple taoïste.
En effet, de tous temps, les maîtres « aux pieds nus » (maîtres taoïstes) ont été amenés à protéger les villages des attaques de brigands et des abus des percepteurs impériaux.
Pour ce faire, les maîtres taoïstes ont puisé dans les techniques et dans le savoir-faire développés par les armées impériales.


A l’instar des procédés d’alchimie taoïstes qui, traditionnellement, étaient divisés en « Waidan » (cinabre externe) et « Neidan » (cinabre interne), les arts martiaux ont également été scindés en externes et internes. Tout au long du premier millénaire, les alchimistes taoïstes se sont intéressés à développer des techniques pour échapper à la mort, des techniques d’immortalité.
Ce n’est qu’au cours du second millénaire que ces idées ont été traduites en termes philosophiques et que les pratiques ont été affinées par les maîtres taoïstes pour prolonger la vie tout en restant en bonne santé.


Les techniques du « Waidan »  ou du « cinabre externe » s’intéressaient à la transformation des minéraux (en particulier, le cinabre) en matières précieuses (en particulier, l’or) et recherchaient une drogue ou une pilule d’immortalité dont les composants font partie de l’environnement externe : règne minéral, animal ou végétal.

Les adeptes de ces procédés ont largement contribué au développement de la pharmacopée chinoise, mais aussi aux connaissances de la botanique, géobotanique, zoologie, minéralogie, climatologie et autres sciences naturelles.

Les techniques du « Neidan » ou « cinabre interne » visaient à induire et à diriger (Daoyin) le Qi et, de cette manière, à acquérir une «habilité au Qi » (Qigong) en vue de concevoir, au sein du corps mortel de l’adepte, un embryon d’immortalité (appelé « goutte de cinabre »). Par le travail consciencieux de l’adepte, l’embryon d’immortalité deviendrait un Saint Immortel. L’alchimie « interne » a contribué à mieux connaître le fonctionnement du corps-esprit, c’est-à-dire à développer la psycho-physiologie de l’être humain, mais aussi à étudier les circuits énergétiques du corps (système des méridiens et points d’acupuncture).

Rien d’étonnant donc à trouver parmi les adeptes taoïstes de nombreux médecins et autres savants multidisciplinaires (ex. : Hua Tuo 142-219 ; Ge Hong 283–343 ? ; Tao Hongjing 456-536 ; etc.). Les procédés d’alchimie interne et externe ont été transmis de maître à disciple ; peu de documents rendent compte de cet enseignement. Toutefois, la médecine chinoise, grâce à une tradition taoïste qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours, s’est inspirée et même nourrie de nombreux procédés d’alchimie taoïstes, alchimie que l’on pourrait d’ailleurs qualifiée de « médecine de longévité ».


En ce qui concerne les arts martiaux, le qualificatif d’ « interne » est utilisé en relation d’opposition-complémentarité avec « externe ». D’une part, les arts martiaux externes, représentés entre autre par les moines de Shaolin, font usage des armes et de la force physique pour combattre des ennemis réels, des adversaires faits de chair, d’os et de sang.
D’autre part, les arts martiaux internes, représentés entre autre par la tradition des Monts Wudang, développent une puissance vitale à partir de la circulation de l’énergie dans l’interne (méridiens, organes, viscères, etc.) en vue d’augmenter la qualité de vie et la qualité de contact avec l’environnement.


Pour un pratiquant d’arts martiaux internes, l’adversaire peut être interne : il combat en lui la violence, la haine, le mensonge, la concupiscence, etc.
Lorsque l’adversaire est réel, fait de chair et d’os, il devient un partenaire qui lui permet de d’accroître la circulation interne de sa propre énergie.

Les arts martiaux internes sont fort nombreux. Parmi les plus connus chez nous, on trouve le Taijiquan, le Qigong, le Daoyin, le Bagua, le Xinyi, etc. Chacune de ces disciplines rassemblent une grande variété de styles et d’exercices.

Ecole de Maître Tian Liyang des Wudangshan
TianLiYang : Maître taoïste des Wudangshan
Arts martiaux internes, neiwushu
Monts WuDang ou « Wudangshan »

Ecole des Wudangshan

"Wudang, 武当" est le nom d'un massif montagneux se situant au nord-ouest du Hubei, au centre de la Chine. Cette vaste chaîne de montagnes abrite des temples taoïstes depuis le 10ème siècle. Les générations de maîtres y séjournant en ont fait un haut lieu du Taoïsme et y ont développé le« Nei Wushu, 内武术 » ou Arts martiaux internes.

Les monts Wudang sont donc le berceau des Arts martiaux internes.

Le but de ce vaste ensemble de pratiques est de nourrir le principe vital (jing), de renforcer la circulation de l'énergie (Qi) et d'accroître l'éveil de l'esprit (shen). En alimentant quotidiennement ces "Trois trésors" ou « San bao, 三宝 », toutes attaques, injures, mauvais sorts, coups durs, pertes, etc., sont absorbées, distillées, dissipées. Grâce à une souplesse du corps-esprit, nous retrouvons la spontanéité de l'enfant.

Les Monts Wudang comptent actuellement de nombreuses écoles d’Arts martiaux internes.

Le Taijiquan et Qigong proposés par Tian-di se situent dans la tradition des monts Wudang, et plus particulièrement, dans la lignée de l'enseignement de Tian Liyang, ou Maître Tian (Tian Shifu).

Maître Tian des Monts Wudang a inauguré sa propre école en 2005. Elle abrite ses disciples et ses élèves chinois et étrangers. Ceux-ci viennent des quatre coins du monde pour suivre son enseignement connu pour ses hautes qualités pédagogiques.

Tian-di a organisé plusieurs stages dans les Monts Wudang avec Maître Tian Liyang : en 2001, 2005 et 2011. Agrémentés de visites touristiques hors sentiers battus, ces séjours dans les Monts Wudang ont été très appréciés par les pratiquants.

 

Ecole de Tian Liyang des Wudangshan
TianLiYang : Maître taoïste des Wudangshan
Arts martiaux internes, neiwushu
Monts WuDang ou « Wudangshan »
 Tian Li Yang : L'héritier de Wudang